mercredi, 23 septembre 2026 18:45

La formation ministérielle, toujours aussi déconsidérée, poursuit son déclin : les stagiaires transformés en travailleurs du clic

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Formation professionnelleLa commission ministérielle pour la formation professionnelle (CMFP) s’est réunie le 22 septembre 2026. Étaient à l’ordre du jour : la présentation du bilan ministériel de la formation pour l’année 2025 et la stratégie du numérique en formation.

 

« Formez-vous ailleurs, par vos propres moyens et surtout sur votre temps libre », tel pourrait être le résumé de tous les textes relatifs à la formation et publiés par nos ministères.

Le projet de Bilan de la formation 2025 n’échappe pas à la règle et assume le transfert de charge vers les formations Mentor et les agents.

Le projet de Stratégie de développement du numérique en formation 2026-2029 précise que c’est par pure économie financière, sans aucun état des lieux préalable, que nos ministères proposent cette stratégie d’ailleurs sans moyens.

Les lignes directrices de gestion relatives aux parcours professionnels et aux promotions de nos ministères, caduques, n’étaient pas ambitieuses, ce que le bilan de la formation 2025 confirme : « rien + rien = débrouillez-vous », soyez « autonome », « proactif », « responsable » de vos formations et parcours professionnels.

Un concept que les agents ont intégré, comme le démontre le bilan précité : moins de formations internes disponibles, accessibles et valorisées → moins de formateurs, moins de stagiaires → un report (contraint) vers des formations externes, ce qui amplifie une inégalité de traitement entre les agents en fonction de leur catégorie d’appartenance.

 

Voyons plus en détail le projet de bilan de la formation dans nos ministères en 2025, présenté à la Commission Ministérielle de la Formation Professionnelle réunie le 22 septembre 2026 (sauf pour les « formations relatives aux travailleurs en situation de handicap », car les données présentées n’ont pas été actualisées et sont celles de 2024).

- Chute continue des moyens en personnel dédiés à la formation : 256 agents alors qu’ils étaient 310 l’an dernier.

- Densification fictive des formateurs internes occasionnels : 1 522 en 2025, mais moins d’agent de catégorie C et d’OPA, près d’1 formateur sur 2 est de catégorie A, aucune action entreprise pour valoriser leur engagement.

- Chute des moyens budgétaires :

  • baisse inexpliquée de :
    • 25 % des frais d’indemnisation des formateurs internes et des membres de jurys
    • 8.5 % des crédits aux directions d’administration centrale (seuls les budgets de la DGPR et du CGDD continuent d’augmenter respectivement + 9,3 % et + 18,8 %)
  • 53 491 260 € de subventions allouées aux écoles.

- Vers la fin des formations internes

  • moins de formations (- 19 % de journées de formation)
  • moins d’agents formés (-15 %) : avec une chute du nombre d’hommes de catégorie C, une diminution généralisée du nombre d’agents de catégorie B, une plus faible diminution du nombre d’agents de catégorie A.
  • un taux d’accès à la formation qui laisse 1 agent sur 2 sur le carreau : un petit mieux pour les OPA, une stabilité pour les A mais une diminution pour les B et les C.

Détails apportés sur les formations :

- chute des formations statutaires :

  • Chute de 60 % du nombre de SACDD-AG entre les sessions 22-23 et 25-26 (passant de 125 à 45 élèves)
  • Diminution du nombre de journées stagiaire pour les TSPDD TG et EEI et les SACDD-AG, justifiée par l’administration par le passage à l’alternance pour tous les TSPDD sur la session 2024-2025 et la baisse du nombre de stagiaires TSPDD et SACDD sur la session 2025-2026.

- décrochage dans les formations continues :

  • dans les écoles : ENTPE : nombre de journées stagiaire multipliées par 4 ; ENAC et GEODATA PARIS : stables ; ESP Mer : presque divisées par 2.
  • par catégories : 1 000 stagiaires A+ en moins, contre-balancés par 1 000 stagiaires A en plus, un chiffre stable pour les B et les C, et un nombre de stagiaires OPA qui a presque doublé.
  • par types de formation :
    • Le nombre de stagiaires dans les formations « transversales » (« parcours d’apprentissage qui vise à développer ou acquérir une seule ou plusieurs compétences utiles à différents secteurs d’activité ») chute et passe à 19 633 (22 035 en 2024). Le nombre de stagiaires pour la formation « management » passe à 1 520 stagiaires contre 2 477 en 2024.
    • Le nombre de stagiaires dans les formations « métiers » (« formation visant des secteurs précis afin d’acquérir, de développer ou de maintenir une compétence ciblée sur un domaine exclusif porteur des politiques publiques ») augmente et passe à 18 334 (16 205 en 2024). Le nombre de stagiaires pour les formations BOP 135 et 109 (Urba/Habitat-Logement) fait plus que doubler, passant à 3 284 stagiaires (1 419 en 2024).

- La préparation aux examens et concours (PEC) s’invisibilise : en moyenne, 30 % des agents ayant reçu une formation PEC l’ont suivi à distance, ailleurs.

- La plateforme Mentor compte 27 981 agents des ministères et des 53 établissements publics (EP) sous tutelle ayant conventionné avec la plateforme.

  • 11 312 agents d’entre eux se sont formés en 2025.
  • Les formations les plus suivies portent sur la laïcité, le handicap, les violences sexistes et sexuelles, le harcèlement, l’égalité et la santé mentale.

- Le Compte Personnel de Formation est détourné de son objet et manque de financement

  • Le CPF sert majoritairement pour :
    • une PEC (69 cas),
    • une reconversion vers le privé (33 cas),
    • obtenir un diplôme, titre ou certificat de qualification (29 cas).
  • Les refus sont en grande majorité tirés :
    • du défaut d’éligibilité (23 cas sur les 42 refus déclarés),
    • de la « nécessité de service » (7 cas (4A et 3B))
    • d’une sous-estimation des crédits nécessaires (6 cas en 2025), une tendance qui s’accélère (crédits alloués : 122 335 € en 2025, 172 144 € en 2024 et 172 780 € en 2023)

- Le Congé de Formation Professionnelles (CFP) » : 21 demandes accordées, à 62 % demandé par des femmes, majoritairement par des B

- Le Bilan de compétences : 8 accordés, à 75 % demandé par des femmes ; apparition des C (3 demandes) et disparition des OPA.

- Le Bilan de carrière : aucun chiffre en 2025 (176 en 2024)

- Le Congé de transition professionnelle : 3 (comme en 2024)

- Le Congé pour Validation des Acquis de l’Expérience : 2 (6 en 2024)

- La Période de professionnalisation : 7 (11 en 2024)

 

Pour l'UNSA, l’administration doit cesser de faire de l’affichage et se saisir pleinement de l’avenir de ses agents.

Son absence d’intérêt pour la mise en place et le suivi de formations ministérielles adaptées, accessibles à tous et reconnues, dégrade nos conditions de travail et les capacités de nos ministères à faire face aux enjeux qui les concernent.

 

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