IA : une indispensable négociation
Le ministre à l'Action et aux Comptes publics David Amiel propose l’ouverture d’une négociation sociale au sein de la fonction publique consacrée à l’IA.
Depuis plusieurs années, l’UNSA Fonction publique n’a eu de cesse de revendiquer l’ouverture d’une telle négociation, l’intelligence artificielle générative, ne doit, en effet, pas s’imposer aux agents publics comme une fatalité technologique silencieuse et opaque.
Une forte demande sociale
L’UNSA Fonction publique a mené une enquête de terrain auprès des agents publics, du 11 février au 9 avril 2025, qui a révélé que le déploiement, en dehors de tout dialogue social, de ces technologies générait de fortes inquiétudes. Notamment, 65 % des agents déploraient de ne pas être informés par les employeurs publics, 70 % exprimaient des craintes sur le maintien de leurs emplois et 65 % redoutaient une perte d’autonomie. De plus, 85 % des agents sondés ont dénoncé l’absence de consultation préalable par les employeurs.
Un accord cadre indispensable
Un accord cadre couvrant les trois versants de la fonction publique correspond donc à une attente sociale, c’est une nécessité pour l’UNSA Fonction publique et c’est également conforme à nos engagements européens.
Le déploiement de ces nouvelles technologies va générer, dans les faits, une transformation majeure du travail qui doit répondre notamment à des besoins identifiés, à des exigences de transparence et d’évaluation, à la maîtrise des impacts notamment sur les conditions de travail, à la protection des agents publics (santé, discriminations, biais, etc.), à l’acquisition de nouvelles compétences, à la préservation de la qualité du service public mais aussi à la préservation de l’environnement pour répondre aux enjeux de la transformation écologique.
Si cette proposition d’ouverture de négociation rencontre notre revendication, le calendrier, la méthode et les contenus restent à déterminer.
Coup de rabot sur les autorisations d’absence familiales et parentales
Le décret présenté au Conseil commun de la Fonction Publique sur les autorisations d’absence pour raisons familiales ou liées à la parentalité a été rejeté par toutes les organisations syndicales dont l’UNSA.
Sous couvert d’harmonisation et de simplification, un nouveau décret nivelle les possibilités d’absence liées à la parentalité et aux évènements familiaux (décès, mariage, etc.) des agents publics des trois versants en écrasant, de fait, toutes les négociations et accords locaux précédents.
Ce décret, présenté le 8 avril au Conseil Commun de la Fonction Publique a été rejeté par toutes les organisations syndicales.
L’UNSA Fonction Publique a mis en ligne une pétition qui a recueilli plus de 50 000 signataires en quelques jours, révélant la sensibilité des agents sur ce sujet.
Le gouvernement, suite à la mobilisation des agents publics et aux réactions syndicales, a renoncé à diminuer le nombre de jour pour les gardes des enfants de plus de 11 ans.
Il a également accepté qu’une autorisation d’absence suite au décès d’un de ses parents ou de son conjoint devienne une autorisation de droit, ce qui n’était pas le cas.
Mais, contrairement aux salariés, les agents publics perdent la possibilité de bénéficier d’accords locaux plus favorables. De plus, le gouvernement décide de ne plus tenir compte des délais de route nécessaires pour se rendre sur le lieu d’un décès ou d’un mariage, pour ne citer que deux exemples.
Pour l’UNSA Fonction publique, ce décret, sous couvert d’amélioration, diminue le droit des agents. C’est un nouveau coup contre les agents et l’attractivité de la fonction publique après l’absence de mesures salariales depuis 2023, le décrochage des salaires qui poursuit sa trajectoire, la baisse de 10 % de l’indemnisation du congé de maladie ordinaire et la dégradation des conditions de travail.
Les femmes, notamment en raison de leur nombre dans la fonction publique, en sont les premières victimes alors même que les discussions sur un nouvel accord sur l’égalité professionnelles entre les hommes et les femmes est en cours de négociation.
Pour l’UNSA Fonction publique, une harmonisation aurait été possible à partir des droits existants et en conservant la possibilité de négociation collective. Mais 34 propositions déposées par l’UNSA Fonction Publique pour infléchir cette réforme et faire qu’elle se fasse, a minima, à droit constant, ont été écartées par le gouvernement.
Un nouveau Conseil Commun de la Fonction Publique devra réétudier le projet de décret. L’UNSA Fonction Publique appelle le gouvernement à rouvrir les discussions et à modifier le texte pour garantir aux agents publics les droits actuels.
Risques routiers : des mesures annoncées et des réponses attendues par les agents sur le terrain
Lors de la réunion du 3 avril 2026 du 3ᵉ comité de suivi du plan de prévention des risques routiers, plusieurs documents relatifs à la sécurité des agents des DIR ont été présentés, notamment le bilan de l’accidentalité 2025 et les nouvelles consignes d’intervention.
La sécurité des agents d’exploitation intervenant sur le réseau routier reste une préoccupation majeure.
Les documents présentés, combinant bilan de l’accidentalité 2025 et nouvelles consignes d’intervention, confirment une réalité préoccupante et appellent à une vigilance renforcée.
Une accidentalité toujours élevée
Le bilan 2025 met en évidence une dégradation de la situation :
- 146 accidents recensés, soit une hausse de 13 %
- 2 agents décédés, aucun en 2024
- une majorité d’accidents sur routes à chaussées séparées
- des accidents survenant principalement lors des phases de pose et dépose de signalisation
- et très souvent lorsque les agents sont dans ou à proximité de leur véhicule
Ces données rappellent que les interventions sur route restent une activité à haut risque, au cœur même des missions des agents.
Des situations de travail particulièrement exposées
L’analyse met en lumière des facteurs de risque bien identifiés :
- les interventions sur voies rapides,
- les opérations de balisage,
- les interventions sur bande d’arrêt d’urgence (BAU),
- et la proximité immédiate des véhicules d’intervention.
Autant de situations qui nécessitent des mesures de prévention fortes, concrètes et adaptées aux réalités du terrain.
De nouvelles consignes de sécurité
Face à ces constats, de nouvelles règles ont été définies.
Parmi les principales évolutions :
- Extension de la zone tampon à 100 mètres (contre 50 auparavant)
- Encadrement renforcé des interventions sur BAU, avec limitation de certaines interventions
- Interdiction de pratiques à risque, comme la marche arrière sans balisage
- Renforcement de la préparation des interventions et de l’analyse des risques
Ces mesures traduisent une volonté de mieux protéger les agents et vont globalement dans le bon sens.
Des questions sur la mise en œuvre
Si ces orientations sont positives, leur efficacité dépendra de leur application réelle.
Plusieurs interrogations demeurent :
- Les moyens humains et matériels seront-ils à la hauteur ?
- Comment appliquer ces règles dans les secteurs contraints (visibilité réduite, manque d’espace, trafic dense) ?
- Les nouvelles consignes risquent-elles de déplacer le risque plutôt que de le réduire ?
- Les agents seront-ils suffisamment accompagnés et formés ?
Autant de points qui nécessitent des réponses concrètes.
Une exigence : tenir compte du vécu des agents
La prévention ne peut pas reposer uniquement sur des consignes.
Elle doit s’appuyer sur :
- l’expérience des agents,
- la réalité des conditions d’intervention,
- et une organisation du travail adaptée.
L’association des collectifs de travail est indispensable pour garantir l’efficacité et l’appropriation des mesures.
La position de l’UNSA Développement Durable
Nous prenons acte des évolutions engagées.
Elles constituent une étape importante.
Mais nous resterons particulièrement vigilants sur :
- les conditions de mise en œuvre,
- les moyens alloués,
- et l’impact réel sur la sécurité des agents.
La sécurité ne doit pas être une intention.
Elle doit être une réalité concrète, mesurable et partagée par tous.
Parce qu’aucune intervention ne doit coûter la vie à un agent.
Télétravail : un mode de travail plébiscité mais à améliorer
Le "télétravail" est apprécié par les agents cependant son organisation et l'indemnisation pourraient être revues.
La sous-direction des études, des statistiques et des systèmes d’informations de la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié en février 2026 « un Point Stat » intitulé "Télétravail : ses effets sur les conditions de travail dans la fonction publique"*. Si cette nouvelle possibilité d’organiser leur travail est appréciée par les agents, elle comporte des limites et des freins qui restent à lever.
Un mode de travail plébiscité par les agents publics
Le télétravail est désormais une réalité solidement ancrée et appréciée pour 54% des agents publics occupant un poste compatible avec des activités télétravaillables. En effet, une diminution des interruptions de tâches est constatée (62%) et la pression au travail baisse (41%). L'autonomie organisationnelle progresse pour 36% des agents, tandis que 21% notent une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle grâce à des horaires moins contraignants pour leurs proches. Les agents publics ont 1,6 fois plus de chances de déclarer une amélioration des conditions de travail par rapport au privé avec ce mode de travail.
Un mode de travail à améliorer
La quotité de télétravail dans le public est moindre par rapport au privé : 65% des agents ne télétravaillent qu'un jour ou moins par semaine (contre 48% dans le privé) et seuls 9% (contre 18% dans le privé) pratiquent trois jours ou plus.
La part des femmes qui télétravaillent dans la fonction publique reste cependant inférieure à celle constatée parmi les salariées du privé. En outre, si elles perçoivent souvent mieux les bénéfices globaux du télétravail, elles sont aussi plus exposées à la précarité matérielle : 39% des femmes signalent une dégradation de leurs moyens matériels, contre 30% des hommes.
Enfin, dans la fonction publique, l’exercice des missions à distance se heurte à une contrainte matérielle majeure : 56% des agents ne disposent pas d'une pièce dédiée à leur activité professionnelle dans leur logement (seuls 41% en possèdent une). Cette configuration spatiale, loin d'être anecdotique, pèse plus lourdement sur les femmes, créant une disparité marquée dans le vécu du télétravail. Cette absence de local dédié agit comme un multiplicateur de difficultés. Le fait de ne pas disposer d'un bureau fermé double le risque de percevoir une détérioration de ses conditions matérielles (46% pour ceux sans pièce contre 23 % pour ceux en disposant). La fluidité des échanges et la coopération sont jugées également plus difficile. En effet, la pièce dédiée contribue « à réduire les interruptions des tâches, et améliore la conciliation des temps de vie ».
L'avis de l'UNSA Fonction publique
Pour l’UNSA Fonction Publique, les améliorations du télétravail peuvent porter notamment sur le développement des tiers lieux et sur la revalorisation de l’indemnité :
- En effet, loin d'être une simple aspiration, le développement des tiers-lieux est une avancée actée dans l'Accord relatif à la mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique, signé le 13 juillet 2021. Cette revendication, négociée et obtenue par les organisations syndicales, dont l'UNSA Fonction Publique, consacre un chapitre entier aux espaces partagés comme alternative au domicile pour maintenir le lien social et dynamiser les territoires. L'accord stipule que ces lieux sont le corollaire indispensable de cette organisation du travail. Le cadre juridique et le socle de droits étant désormais posés au niveau national, il appartient désormais aux employeurs publics de s'en saisir par la négociation locale pour transformer cette possibilité en une réalité concrète pour les agents. Cette revendication sera portée par l’UNSA Fonction publique dans le cadre de la négociation en cours sur l’égalité professionnelle femmes/hommes.
- La revalorisation de l'indemnité forfaitaire pour compenser les coûts du travail à domicile est également cruciale. Alors que le montant dans la fonction publique stagne à 2,88 € par jour depuis le 1er janvier 2023, le secteur privé bénéficie de plafonds d'exonération URSSAF plus élevés, pouvant atteindre 3,30 € en 2026 en cas d'accord collectif. Les agents éprouvent un sentiment d'iniquité. Pour l’UNSA Fonction Publique, il est urgent de revaloriser ce montant dans la fonction publique.
* En savoir plus : Télétravail : ses effets sur les conditions de travail dans la fonction publique
Hausse des prix de l’énergie : l’UNSA exige des mesures concrètes
La guerre au Moyen-Orient a entraîné une hausse des prix de l’énergie qui affecte déjà le pouvoir d’achat des ménages. Des mesures urgentes et concrètes doivent être mises en œuvre pour soutenir les foyers les plus modestes.
La hausse importante du prix du pétrole s’est fait ressentir immédiatement sur les prix à la pompe. Les prix du gaz et de l’électricité sont et seront affectés à court et moyen terme, de manière plus ou moins importante en fonction de la durée de la guerre.
Le pouvoir d’achat des ménages est déjà entamé et les conséquences pourraient s’aggraver en cas de poursuite du conflit. Ainsi, l’INSEE prévoit une inflation supérieure à 2 % sur un an au mois de mai (contre 0,9% en février) avec l’hypothèse d’un baril de pétrole stabilisé à 100 dollars. Mi-juin, l’évolution des prix de l’énergie atteindrait 11,8 %, 22,8 % pour ceux du carburant et 8,3 % pour le gaz.
Les répercussions liées à la guerre en Ukraine ne doivent pas se répéter. En effet, les aides appliquées, dont le bouclier tarifaire, étaient insuffisamment ciblées et ont généré un coût élevé pour les finances publiques tout en bénéficiant davantage aux ménages les plus aisés.
Pour autant, il est urgent d’agir pour préserver le pouvoir d’achat des travailleurs·euses et des ménages les plus modestes par la mise en place de dispositifs ciblés tant que les prix de l’énergie restent élevés.
L’UNSA demande une vigilance et une surveillance resserrées sur les surprofits potentiels que pourraient réaliser certaines entreprises et que des sanctions soient envisagées à l’encontre de celles qui profiteraient indûment de la crise.
L'UNSA Fonction Publique a écrit au Premier Ministre et au Ministre de l'Action et des Comptes publics.
