L’UNSA refuse l’affaiblissement des mutuelles de fonctionnaires
Dans un communiqué de presse, l’UNSA réagit à l’intention du gouvernement de remettre en cause la délégation de gestion de l’assurance maladie obligatoire aujourd’hui confiée à certaines mutuelles de la fonction publique.
L'UNSA alerte sur les conséquences d’une telle réforme pour le modèle de protection sociale, la prévention et la proximité avec les agents publics, mais aussi pour les salariés des organismes concernés. L’UNSA affirme qu’elle s’opposera fermement à toute mesure qui fragiliserait le rôle des mutuelles de fonctionnaires.
Le gouvernement a exprimé son intention de remettre en cause la délégation de gestion du régime obligatoire d’assurance maladie aujourd’hui confiée à certaines mutuelles de la fonction publique.
Une telle organisation ne relève pas d’un simple héritage administratif. Elle touche au cœur d’un modèle historique construit depuis 1947, lorsque la loi a reconnu aux mutuelles de fonctionnaires un rôle spécifique dans la gestion de l’assurance maladie obligatoire des agents publics. Ce modèle, ancré dans l’histoire de notre protection sociale, a permis de construire une relation de proximité avec les assurés et d’articuler en cohérence protection sociale, prévention et accompagnement.
Pour l’UNSA, supprimer ces délégations de gestion au nom d’une logique d’abord budgétaire constituerait une faute. Derrière une mesure présentée comme une simple rationalisation se joue un enjeu beaucoup plus large : celui de la place des corps intermédiaires et de la société civile organisée dans la construction et la mise en œuvre de notre modèle social.
Cette réforme suscite également de fortes inquiétudes chez les salariés de ces organismes quant à leur avenir professionnel. Ces femmes et ces hommes ont assuré, depuis des années, leurs missions avec sérieux, compétence et engagement. Une telle réforme ne doit pas laisser penser que leur travail serait aujourd’hui remis en cause ou dévalorisé alors qu’ils ont contribué à la qualité du service rendu aux assurés. Leur avenir, leurs emplois et leurs compétences doivent être pleinement pris en compte.
En affaiblissant les mutuelles de fonctionnaires, le gouvernement fragiliserait une nouvelle fois des acteurs historiques. Depuis des décennies, elles ont développé une connaissance fine des populations qu’elles accompagnent et su instaurer une relation de confiance indispensable à l’efficacité des politiques de santé.
Un tel choix reviendrait également à compromettre leur capacité à mener des politiques de prévention, d’information et d’accompagnement au plus près des assurés, alors même que les enjeux de santé au travail, de prévention des risques professionnels, de santé mentale ou encore de vieillissement rendent cette action plus indispensable que jamais. C’est aussi méconnaître le rôle éducatif, social et sanitaire exercé par ces acteurs.
L’UNSA s’opposera fermement à toute mesure qui affaiblirait les mutuelles de fonctionnaires, leur rôle de proximité, leurs actions de prévention et, plus largement, la place de la société civile organisée dans notre système de protection sociale. Elle continuera de défendre et promouvoir un modèle fondé sur la solidarité, la confiance et l’efficacité au service des assurés et de l’intérêt général.
Laurent Escure
Secrétaire général de l’UNSA
Création des nouvelles directions générales : l’administration accélère !
Le comité de suivi de la réorganisation de l’administration centrale s’est réuni le 9 septembre 2026.
Il avait notamment pour objet la présentation des macro-organigrammes des futures directions générales. L’administration a également abordé le processus d’accompagnement des agents ainsi que la problématique spécifique des fonctions supports, qui doivent faire l’objet d’une attention particulière.
Diaporama : comité de suivi nr 2
Retrouvez ci-dessous notre compte-rendu.
Réforme de l'administration centrale : l'UNSA ne lâche rien !
Le comité de suivi de la réorganisation de l'administration centrale se tient aujourd'hui, mercredi 9 septembre 2026. L'UNSA, qui a fait le choix d'y participer, s’interroge sur l’impact que cette réorganisation pourra avoir et exprime de sérieuses réserves sur la manière dont est mené ce projet.
Retrouvez ici la déclaration préalable lue à l'ouverture de la réunion par les représentants UNSA.
Égalité professionnelle femmes/hommes : lettre ouverte au Premier ministre
Les organisations syndicales de la fonction publique CGT, CFE-CGC, FA, FO, FSU, Solidaires et UNSA viennent d'adresser une lettre ouverte au Premier ministre relative à la négociation sur l'égalité professionnelle femmes/hommes.
Monsieur le Premier ministre,
Le sujet de l’égalité professionnelle a été remis sur la table car la France était contrainte de transposer la Directive européenne sur la «transparence salariale» adoptée le 10 mai 2023, au plus tard le 7 juin 2026 dans le secteur public comme dans le secteur privé.
Le ministère de l’action et des comptes publics a décidé de rouvrir le chantier d’un nouvel accord égalité professionnelle femmes/ hommes dans la Fonction publique en mars 2025. L’objectif annoncé à ce stade prévoit une finalisation des mesures en septembre 2026 pour une signature en octobre de cette même année.
Pendant 16 mois, la DGAFP a mis en place 19 groupes de travail, où se sont succédés des experts qui convergeaient tous vers la même conclusion : beaucoup de travail reste à faire pour parvenir à l’égalité professionnelle ! Au cours de ces GT, les organisations syndicales ont été force de propositions.
Le 20ème groupe de travail organisé par la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) du jeudi 09 juillet consacré à la présentation d’une première « consolidation » de l’accord, a laissé un goût amer à l’ensemble des organisations syndicales présentes face à l'annonce d’un périmètre de négociations figé en l’état. La majorité des organisations syndicales ont quitté la séance et l’ensemble des signataires de ce courrier demandent que leurs revendications soient enfin entendues et prises en compte à l’occasion de la prochaine réunion de négociation de septembre.
C’est pourquoi nous faisons le choix de vous interpeller, de façon unitaire, en votre qualité de Premier ministre, la DGFAP ayant rappelé le cadre et le mandat politique qui lui sont imposés. En effet, ce mandat restreint fortement la possibilité d’avancées réelles sur des sujets pourtant
structurants tout en remettant en cause la nature même du principe de négociation.
En premier lieu, comment s’assurer du portage politique d’un accord sur des mesures qui ne sont pas budgétisées de façon dédiée, ni ventilées par axe ?
Comment s’assurer de l’effectivité des mesures adoptées sans échéancier ni contrainte, sans méthode de contrôle, sans sanction en cas d’absence ou de défaillance de mise en œuvre de la part des employeurs publics ?
Comment faire avancer l’égalité femmes-hommes sans agir concrètement sur les rémunérations, sans valoriser financièrement les filières à prédominance féminine, sans lutter contre la précarité, sans appliquer le principe « de salaire égal à travail de valeur égale », sans reconnaître et prendre en compte la pénibilité ?
Comment améliorer la prise en compte de la santé des femmes, renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (en intégrant les violences intra-familiales), permettre une meilleure articulation vie professionnelle/vie privée, en excluant la possibilité de nouveaux droits garantis, sans réouvrir le dossier de la décote de 10 % appliquée aux congés de maladie ordinaire ?, comment prétendre atteindre ces objectifs en se limitant principalement à la « culture de l’égalité », à des opérations de communication, voire à des propositions ne s’appliquant pas aux trois versants de la Fonction publique ?
Des éclairages, et surtout des bougés et des mandats gouvernementaux nouveaux, nous semblent indispensables pour faire aboutir des négociations sur un sujet d’une importance toute particulière, celui de l’égalité entre les femmes et les hommes au sein de la Fonction publique.
Alors que l’égalité entre les femmes et les hommes a été consacrée « grande cause nationale » par le Président de la République, que la population active de la Fonction publique est constituée de 64 % de femmes et à la veille d’une proposition de loi pour plus d’égalité et de lutte contre toutes les formes de violences, le mandat confié à la DGAFP est loin d’être satisfaisant et rend ce projet d’accord très éloigné de l’attente des personnels et des organisations syndicales.
Nous restons à votre disposition pour toute rencontre.
Réforme des autorités environnementales : une nouvelle usine à gaz en préparation ?
Le ministère de la Transition écologique, sous l’impulsion du ministre délégué Mathieu Lefèvre, s’apprête à lancer une nouvelle réforme de l’organisation des autorités environnementales (AE).
Présentée comme une "modernisation" et un "renforcement de l’efficacité", cette réforme, dont les contours ont été dévoilés lors d’un Cosui, qui a réuni le 1er septembre 2026 l’administration et les organisations syndicales représentatives, soulève déjà des craintes majeures chez les agents et les syndicats.
Cette réforme semble avant tout répondre à une logique de rationalisation budgétaire plutôt qu’à un besoin opérationnel.
Rappelons que les agents des pôles évaluation environnementale (PEE) des DREAL et de l’Autorité environnementale (Ae) de l’IGEDD sont déjà en première ligne face à la charge croissante des dossiers et à la complexité des procédures.
Un calendrier irréaliste
Le calendrier prévu est pour le moins ambitieux :
- 1er octobre 2026 : remise du rapport final
- 8 octobre 2026 : décision du ministre sur le scénario retenu
- Mise en œuvre prévue dès le 1er janvier 2027
Problème : Comment mener une consultation sérieuse des agents et des parties prenantes en quelques mois ?
L’UNSA dénonce un processus précipité, où les retours des agents de terrain risquent d’être ignorés au profit d’arbitrages politiques.
Cette précipitation ne cache-t-elle pas une volonté du politique de passer en force ?
Des scénarios flous
Trois scénarios sont envisagés, mais aucun ne garantit une amélioration des conditions de travail.
Scénario 1 : "Coordination renforcée"
- Principe : Maintenir l’existant en amplifiant la coordination via la conférence des AE
- Risques :
- Aucune réponse aux problèmes de surcharge de travail et de manque de moyens
- Alourdissement bureaucratique avec des réunions supplémentaires, sans création de postes
- Statut quo sur les inégalités territoriales (certaines DREAL sont déjà en tension)
Scénario 2 : "Autorité environnementale unique" (Option A ou B)
- Option A : Intégration dans l’IGEDD
- Problèmes :
- Centralisation excessive au détriment de la proximité territoriale
- Perte d’autonomie des pôles régionaux, alors que 90% des dossiers sont traités localement
- Remise en cause des collèges des MRAe (Missions régionales d’autorité environnementale), instances collégiales et indépendantes
- Problèmes :
- Option B : Création d’un service à compétence nationale (SCN).
- Dangers :
- Démantèlement des PEE des DREAL, avec un transfert forcé des agents vers une nouvelle structure
- Perte des spécificités locales (connaissance des territoires, relations avec les préfets et les maîtres d’ouvrage)
- Risque de privatisation rampante : certains scénarios évoquent un recours accru aux prestataires externes (bureaux d’études), ce qui menace l’expertise publique.
- Dangers :
Point commun à tous les scénarios : Aucune garantie sur les effectifs !
Une réforme qui ignore les vrais problèmes
Les enjeux identifiés (qualité des avis, harmonisation, indépendance) sont légitimes, mais les solutions proposées passent à côté de l’essentiel.
La surcharge de travail est la grande absente du débat :
- Les PEE des DREAL et l’Ae de l’IGEDD croulent sous les dossiers (éoliennes, ZFE, plans locaux d’urbanisme, etc.).
- Aucune mesure n’est prévue pour :
- Recruter, alors que les départs à la retraite ne sont pas compensés.
- Réévaluer les moyens (budgets, outils informatiques obsolètes)
- Limiter les délais imposés aux maîtres d’ouvrage, qui compressent le temps d’analyse.
L’indépendance des AE est menacée :
- Les autorités environnementales doivent rester indépendantes des porteurs de projets.
- Or, certains scénarios envisagent une intégration plus forte avec les services déconcentrés de l’État, ce qui pourrait brouiller les lignes et exposer les agents à des pressions politiques.
Le risque de précarisation des agents :
- La mission évoque des "garanties RH", mais dans les faits :
- Pas de promesse de maintien des postes
- Risque de mobilité forcée (ex. : transfert des agents des DREAL vers un SCN)
- Incertitude sur les grilles salariales (un SCN pourrait imposer de nouvelles règles)
La réforme de 2016 avait déjà déstabilisé les agents avec la création de l’Ae unique. Résultat ? Des départs en masse et une perte d’expertise.
Une concertation de façade
Le ministère vante une "large consultation", mais dans les faits :
- Les agents de terrain ne sont pas associés aux groupes de travail, seuls quelques cadres supérieurs des DREAL et de l’IGEDD y participent.
- Les syndicats sont écoutés… mais pas entendus (réunion du 1er septembre = information descendante, pas de négociation).
- Les parties prenantes externes (associations, élus) sont consultées, mais les agents, premiers concernés, sont mis devant le fait accompli.
Face à cette réforme mal préparée, l’UNSA exige :
✅ Un moratoire sur la réforme pour une vraie concertation
✅ Des garanties :
- Maintien de tous les postes (pas de suppression, pas de mobilité forcée)
- Renforcement des moyens (recrutements, budgets, outils informatiques)
- Le maintien des collèges des MRAe pour préserver l’indépendance des avis
- Une évaluation préalable des impacts sociaux (risques psychosociaux, charge de travail)
- L’abandon du scénario SCN, qui démantèlerait les PEE des DREAL
Cette nouvelle réforme des autorités environnementales s’inscrit dans une logique de rationalisation comptable, au mépris des réalités de terrain et des conditions de travail des agents.
Sans garanties fortes, elle risque d’aboutir à une dégradation du service public (avis moins qualifiés, délais allongés), une précarisation des agents (mobilité forcée, perte de sens), une dépendance accrue aux prestataires privés (bureaux d’études) au détriment de l’expertise publique.
L’UNSA se mobilise pour faire entendre la voix des agents.







